Claire Brisset : « On peut changer la perception de la prostitution »

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Claire Brisset : « On peut changer la perception de la prostitution »

Claire Brisset est aujourd’hui médiatrice de la Ville de Paris. Défenseure des enfants entre 2000 et 2006, chargée par l’Etat d’identifier les dysfonctionnements portant atteinte à leurs droits, elle est particulièrement concernée par la prévention du risque prostitutionnel et la sensibilisation des jeunes. Claire Brisset répond à nos questions.

 

Pourquoi avez-vous accepté de siéger dans ce jury ?
On doit sensibiliser non seulement les jeunes mais tout le public à la problématique de la prostitution, et, d’une manière générale, de l’exploitation des êtres humains. Pour le faire, il est nécessaire d’expliquer que la prostitution n’est pas autre chose qu’un système d’exploitation. Cela n’a pas toujours été perçu comme cela. Il est très important de se placer sous cet angle-là : un système d’exploitation et de trafic des êtres humains, fondamentalement contraire aux droits de l’homme. C’est pour cette raison que j’ai accepté de participer à cette opération. Il me paraît essentiel de sensibiliser le public à cet aspect des choses.

 

Qu’avez-vous pensé des travaux des candidats ?
Tous ont bien perçu les problèmes et les enjeux. J’ai surtout été très frappée par la qualité, vraiment extraordinaire, des plaidoiries des jeunes avocats.
Ce qui m’a paru également important, c’est que les candidats aient senti le rôle potentiellement négatif des nouvelles formes de communication, en particulier d’internet, un outil formidable qui peut se retourner contre l’intérêt des plus vulnérables.

 

Pensez-vous que ce type d’initiatives peut aider à la sensibilisation ?
Je pense que l’on peut absolument sensibiliser le public à cet aspect de la prostitution, c’est-à-dire à la violation des droits de l’homme. Est-ce par un prix, est-ce par une campagne d’affichages… Je pense qu’il faut multiplier les canaux d’approche. Remettre un prix qui s’adresse en plus à des jeunes, c’est une bonne idée. Mais cela ne suffira pas. Il faut d’autres actions de sensibilisation.

 

A quels obstacles ou difficultés peut-on se heurter quand on cherche à sensibiliser le grand public et plus particulièrement les jeunes ?
Les jeunes, comme le reste du grand public, continuent de vivre sur des clichés au sujet de la prostitution, le « plus vieux métier du monde », comme si c’était un métier, ou une sorte de catastrophe naturelle à laquelle on ne peut pas échapper... Je pense qu’on peut changer la perception qu’en ont nos contemporains, jeunes ou moins jeunes. On peut aussi aborder le problème sous l’angle du changement de regard sur la vulnérabilité féminine, La prostitution n’est pas une fatalité, c’est un trafic d’êtres humains contre lequel on peut et doit s’insurger.


Propos recueillis par CG  

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